Histoire
Plus de 100 ans d'indépendance
L'Agence Télégraphique Suisse fait partie de l'histoire des agences de presse internationales. Vers le milieu du 19e siècle, les premières grandes agences ont vu le jour : Havas à Paris, Wolff à Berlin et Reuter à Londres. Les deux grands de la branche, Havas et Wolff, se sont partagé le marché suisse. Cette situation n'a toutefois pas été sans poser des problèmes. Les éditeurs et journalistes du "Journal de Genève", du "Bund" de Berne et de la "Neue Zürcher Zeitung" ont voulu remédier à cette situation. Avec d'autres éditeurs, ils ont créé en 1894 l'Agence Télégraphique Suisse pour s'assurer une source d'information indépendante. L'ATS a débuté ses activités en 1895 avec huit journalistes.
Croissance rapide
L'Agence Télégraphique Suisse est fondée le 25 septembre 1894 à Berne. Les 200 actions nominatives de 500 francs chacune sont souscrites en grande partie par les journaux fondateurs. La presse suisse s'assure le contrôle de l'agence. D'emblée les fondateurs s'écartent de l'idée de bénéfices importants. Ils prévoient d'affecter les excédents de recettes à l'amélioration et au développement du service. L'ATS livre ses premières dépêches le 1er janvier 1895 depuis un modeste appartement de trois pièces sis à la Spitalgasse 55, à Berne. Outre le directeur, elle emploie trois personnes à Berne, deux à Genève, deux à Zurich et une à Bâle. L'effectif s'étoffe rapidement. A la fin de l'année, une cinquantaine de correspondants travaille pour l'agence. Le nombre de ses abonnés, 54 en 1895, passe à 71 en 1900, soit la quasi-totalité de la presse quotidienne suisse. Au cours de ses cinq premières années d'existence, le volume des informations qu'elle diffuse a pratiquement triplé, passant de 365'000 à un million de mots. En 1899, l'ATS reprend l'agence Berna. L'opération donne lieu à une longue procédure devant les tribunaux qui se terminera en 1906. L'ATS, qui occupe déjà une position dominante sur le marché suisse, se retrouve dès lors en position de monopole. En 1906, l'agence décide de créer à Bâle une rédaction étrangère fonctionnant 24 heures sur 24. Le choix de la cité rhénane est surtout dicté par de meilleures liaisons au réseau téléphonique international. En décembre 1918, ce " desk étranger " bâlois est rapatrié à Berne, les développements de la technique ne justifiant plus cette solution.
L'impartialité comme fil conducteur
L'ATS a fait de l'impartialité le fil conducteur de son activité journalistique. Lors de la première guerre mondiale, le flot d'informations qui transite par la Suisse est souvent tendancieux et atteint des proportions inconnues jusqu'alors. La guerre amène l'ATS à traiter avec d'autres agences étrangères que la française Havas et l'allemande Wolff, ses principaux partenaires. Elle renforce sa collaboration avec d'autres agences, en particulier Reuter et Stefani. Favorisée par le plurilinguisme helvétique, l'ATS devient la véritable plaque tournante de l'information en Europe, permettant aux différents acteurs du conflit d'accéder à des informations qu'ils ne peuvent plus obtenir par des voies directes. Pour permettre au lecteur de se faire sa propre opinion, l'agence décide d'indiquer systématiquement la provenance de ses dépêches (Wolff, Havas, Reuter, etc.). En décembre 1918, elle introduit le sigle " ag " pour ses propres nouvelles, qui sera remplacé dans les années 70 par l'abréviation " ATS" en français et en italien et " SDA" en allemand. L'approche du second conflit mondial est émaillée de nombreuses pressions politiques de la part de l'Allemagne. A la demande du Conseil fédéral, l'ATS affiche une prudence accrue dans le choix de ses nouvelles pour ne pas irriter l'Allemagne et l'Italie. Dès le début des hostilités, le Conseil fédéral introduit un système de contrôle de la presse. L'Allemagne pèse de tout son poids pour que l'ATS serve de relai à son agence gouvernementale, le Deutsches Nachrichten-Büro. L'ATS reçoit le soutien des éditeurs suisses et parvient tout au long du conflit à démontrer son impartialité, jugée par d'aucuns comme hostile à l'Allemagne.
L'ATS et la radio
Parallèlement à son service de base, son produit principal, l’ATS a commencé tôt à proposer des services spéciaux très appréciés. Le service radiophonique a été le principal d’entre eux pendant plus de 50 ans.
L’ATS fournit depuis 1924 des dépêches au Radio Studio Zürich et depuis 1925 aux studios de Genève, Bâle et Berne. En 1931, l’agence devient entièrement responsable du tri des nouvelles à la radio, de leur rédaction et leur lecture au micro en langues allemande et française, et dès l’année suivante en italien également. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le service d’information radiophonique de l’Agence Télégraphique Suisse comptait parmi les émissions d’information les plus écoutées d’Europe. En 1976, le service d’information radiophonique ferme ses portes alors que les stations de radio assurent de plus en plus souvent elles-mêmes la rédaction de leurs informations. En 1997, l’ATS ranime les services d’information radiophoniques sous la forme de Swiss Radio News SRN pour répondre aux besoins des radios locales essentiellement. Malgré la grande popularité dont il jouit auprès de ses clients, le SIR devra malheureusement être abandonné à la fin de l’année 2002, en raison de son manque de rentabilité. Aujourd’hui, l’ATS produit avec l’ats-info flash un bulletin radio écrit.
Télévision, téléphone, service online et mobile
En 1950, l’ATS lance un service d’information téléphonique en étroite collaboration avec les PTT. Entre 1957 et 1965, elle approvisionne la Télévision suisse en bulletins d’actualité en français, allemand et italien. En 1996, le service d’information téléphonique est intégré au service d’informations courtes (SIC). Le SIC subira fin 2001 une réforme en profondeur pour devenir l’actuel service ats-online. L’ATS propose en plus d’un fil d’information continu en ligne des services SMS, MMS, WAP et autres pour téléphones mobiles.
Archives électroniques
En 1983, l’ATS abandonne ses archives sur papier au profit d’une banque de données électronique baptisée ELSA. Ce bond technologique a l’effet d’une petite révolution et annonce le début d’une nouvelle ère dans de nombreux centres de documentation médiatique.
Vous trouverez davantage d'informations sur l'histoire de l'ATS dans notre plaquette anniversaire " 1895 - 1995 Cent ans Agence Télégraphique Suisse ".



