Histoire
Plus de 100 ans d'indépendance
L'Agence Télégraphique Suisse fait partie de l'histoire des agences de presse internationales. Vers le milieu du 19e siècle, les premières grandes agences ont vu le jour : Havas à Paris, Wolff à Berlin et Reuter à Londres. Les deux grands de la branche, Havas et Wolff, se sont partagé le marché suisse. Cette situation n'a toutefois pas été sans poser des problèmes. Des éditeurs ont voulu remédier à cette situation. Ils ont créé l'Agence Télégraphique Suisse pour s'assurer une source d'information indépendante. L'ats a débuté ses activités en 1895 avec huit journalistes.
Croissance rapide
Depuis des décennies, l'ats ne cesse de renforcer sa position d'agence de presse leader en Suisse. Jusqu'à la Première Guerre, elle acquiert ses informations étrangères principalement auprès de Wolff et Havas, puis viennent s'ajouter Reuter et d'autres agences. Dès le début, l'ats se fixe comme priorité l'impartialité dans son activité journalistique. Durant la Première Guerre mondiale, alors que les liaisons directes entre les états ennemis sont rompues, l'ats se positionne en intermédiaire important entre les deux parties. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les agences étrangères sont soumises au contrôle des armées respectives de chaque pays. L'ats obtient quant à elle l'autorisation de s'autocontrôler.
L'impartialité comme fil conducteur
L'ats a fait de l'impartialité le fil conducteur de son activité journalistique. Lors de la première guerre mondiale, le flot d'informations qui transite par la Suisse est souvent tendancieux et atteint des proportions inconnues jusqu'alors. La guerre amène l'ats à traiter avec d'autres agences étrangères que la française Havas et l'allemande Wolff, ses principaux partenaires. Elle renforce sa collaboration avec d'autres agences, en particulier Reuter et Stefani. Favorisée par le plurilinguisme helvétique, l'ats devient la véritable plaque tournante de l'information en Europe, permettant aux différents acteurs du conflit d'accéder à des informations qu'ils ne peuvent plus obtenir par des voies directes. Pour permettre au lecteur de se faire sa propre opinion, l'agence décide d'indiquer systématiquement la provenance de ses dépêches (Wolff, Havas, Reuter, etc.). En décembre 1918, elle introduit le sigle " ag " pour ses propres nouvelles, qui sera remplacé dans les années 70 par l'abréviation " ats " en français et en italien et " sda" en allemand. L'approche du second conflit mondial est émaillée de nombreuses pressions politiques de la part de l'Allemagne. A la demande du Conseil fédéral, l'ats affiche une prudence accrue dans le choix de ses nouvelles pour ne pas irriter l'Allemagne et l'Italie. Dès le début des hostilités, le Conseil fédéral introduit un système de contrôle de la presse. L'Allemagne pèse de tout son poids pour que l'ats serve de relai à son agence gouvernementale, le "Deutsches Nachrichten-Büro". L'ats reçoit le soutien des éditeurs suisses et parvient tout au long du conflit à démontrer son impartialité, jugée par d'aucuns comme hostile à l'Allemagne.
«Vous écoutez les informations de l’Agence Télégraphique Suisse»
Parallèlement à son service de base, son produit principal, l’ats a commencé tôt à proposer des services spéciaux très appréciés. Le service radiophonique a été le principal d’entre eux pendant plus de 50 ans.
L’ats fournit depuis 1924 des dépêches au Radio Studio Zürich et depuis 1925 aux studios de Genève, Bâle et Berne. En 1931, l’agence devient entièrement responsable du tri des nouvelles à la radio, de leur rédaction et leur lecture au micro en langues allemande et française, et dès l’année suivante en italien également. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le service d’information radiophonique de l’Agence Télégraphique Suisse comptait parmi les émissions d’information les plus écoutées d’Europe. En 1971, la responsabilité des informations par radio est déléguée aux unités d'entreprise de la SRG, qui depuis recueille et envoie elle-même les informations.
Télévision, téléphone, service online et mobile
A partir de 1950, l'ats adapte progressivement ses services au nouvel environnement médiatique. En 1950, l’ats lance les services d’information par téléphone avec les PTT. Entre 1957 et 1965, elle fournit à la télévision suisse des bulletins d’information en allemand, français et italien. Sa principale activité est le service de base en trois langues. Puis elle complète son offre avec six services régionaux et ats-People. Outre un online-feed 7x24h, l’ats propose d’autres services mobiles tels que l’infographie, des pages prêtes à l’impression, l’ats-flash info, un bulletin radio, des pages spéciales et ats-direct, plateforme en ligne avec archives de l’intégralité des textes en temps réel du groupe ats.
Participations
L’ats suit une politique de participation active. Ainsi, en 2000, elle fonde news aktuell (schweiz) AG, une entreprise qui propose à des sociétés la publication de communiqués de presse et d’autres offres de presse spécialisée. L’ats en détient 50% des actions, news aktuell GmbH (Hambourg) 30% et la Deutsche Presse-Agentur (dpa) 20%. En 2001, l’ats achète des actions de l'awp Finanznachrichten AG avant de la reprendre progressivement. En 2005, elle en cède des parts à la Deutsche Presse-Agentur GmbH (dpa) (35%) et à Thomson Reuters (30%).
En 2008, les deux agences d’information ats et APA (Austria Presse Agentur) reprennent l’agence photo Keystone AG, dont sa filiale PPR Media Relations AG. En 2010, les deux agences ats et APA fondent la société ats Informatique SA, qui fournit des services informatiques au groupe ats et aux médias suisses. En outre, en 2010, les deux agences ats et dapd développent une coopération en Suisse. L’ats reprend la licence pour la publication des informations allemandes de la ddp et le service de dépêches étrangères du service AP anglophone de la dapd.



